Il faut que les experts de l'économie (économistes, politologues, journalistes, mais aussi nos politiciens) qui
passent dans les médias (TV et presse écrite) arrêtent de montrer du doigt les banques* qui ne s'engageraient pas ou pas assez dans l'économie réelle et qui ne prêteraient pas
aux PME souhaitant se développer !
*Banque au sens de banque commerciale, de détail, de dépôt et de crédit.
Que les banques ne fassent pas leur métier de prêteur pour des besoins court-termistes (crédit, facilités de
caisse, BFR ...), c'est vrai, et c'est surtout vrai pour les TPE-PME (innovantes) en très forte croissance, celles que l'on nomme "Gazelles". Ces entreprises ont des commandes qui augmentent
rapidement, mais elles doivent faire l'avance de trésorerie pour produire (ce qui creuse leur tréso puisqu'elles ne seront payées que plus tard). Là oui, il y a un véritable problème.
Mais encore une fois, concernant les besoins financiers à long terme (investissements R&D,
infrastructures, internationalisation ...), ce n'est pas le métier des banques que de financer ces opérations ! La faute incombe, en partie, aux chefs d'entreprise qui sont fermés à l'idée
d'ouvrir leur capital à des investisseurs (business angels, ou sociétés d'investissement de type Private Equity/Venture Capital). Ouvrir son capital n'est pas dans le logiciel de nos chefs d'entreprise. Ils ont été traumatisés par les rares
mais néanmoins spectaculaires histoires d'éviction de CEO (comme l'illustre Steve Jobs) par des investisseurs. Ces cas sont des « faits divers », et non la règle !
Que la France (et l'Europe en général) soit moins bien équipée, en nombre et en volume, en fonds de capital
investissement, que les gestionnaires de ces fonds aient une appréciation du risque différente de celle de leurs homologues anglosaxons (surtout US), oui, là est le véritable problème. Et c'est sur ce point que l'on devrait se
battre ! La création et le développement d’entreprise innovante (à dominante technologique ou non) n’ont pas besoin des banques et ne doivent pas avoir recours aux banques (sous-entendu n’ont pas
besoin d’être financés par le « prêt », l’usure). Je ne suis pas anti-banque, loin de là. Effet, un boulanger, une scierie, un garage auto, un restaurant … qui veut se développer (par
ex. acheter les murs du voisin pour s’agrandir), là le financement par prêt se justifie pleinement. Pour l’innovation seul, le financement par capital investissement et le "partage des risques"
doivent être envisagés. Similairement à nos états surendettés à cause de l'usure, le coût du capital via l’emprunt serait tout simplement intenable si on finançait les 500-600k euros de
l’amorçage, et les 1,5-2M d'euros de développement d’une entreprise innovante par de l’emprunt. Donc, aujourd’hui c’est bien le Private Equity (capital investissement en français) en amorçage (ou comme le nomme les anglosaxons :
Seed-Capital et Serie-A Venture Capital) qui fait cruellement défaut en France.
Par conséquent, il faut que les pouvoirs publics démocratisent et popularisent le Business Angelisme et le Venture Capitalisme.
Il faut d'une part réorienter de façon plus volontariste l'épargne des
français** dans
les fonds de capital investissement (capital amorçage, capital risque et capital développement), et d'autre part faire en sorte que les investisseurs institutionnels français mais surtout
étrangers (fonds de fonds, banques d'investissement, hedge funds, fonds souverains, fonds de pension, grandes compagnies d'assurance, grandes entreprises multinationales, familly office ....
) abondent dans ces fonds qui je le rappelle, sont les "« seuls »" à investir dans l'économie réelle !
Une mesure très simple serait d’augmenter significativement le pourcentage de la réduction sur l’Impôt sur le
Revenue pour les personnes physiques qui investissent au capital d’entreprises non cotées. Tout le petit monde de la microéconomie française a hurlé au scandale lorsque le gouvernement à annoncé
le rabot sur la loi TEPA et la fameuse réduction de 75% sur l’ISF qui passait à 50%, mais personne ne demande une augmentation de la réduction sur l’IR (aujourd’hui à 25% de réduction avec en
plus un plafond ridicule)! Il me semble jusqu’à preuve du contraire, que les personnes assujetties à l’IR sont bien plus nombreuses que les ISF, mais également bien plus volumineux en terme de
potentiel financier. Donc, il faut inciter fiscalement toutes les assujettis à l’IR d’investir dans du non cotée ! Et je me répète, il faut également créer des conditions favorables pour que
les investisseurs institutionnels (et notamment les fonds d’investissement basés à l’étranger) financent des fonds de capital risque en France (toujours avec l’outil fiscal).
La France doit devenir un Paradis (fiscal) de
l'entrepreneuriat et de l'innovation.
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** Les français sont des
capitalistes qui s'ignorent. Les français sont un peuple épargnant (comme les japonais). L'épargne des français doit être massivement réorientée pour :
1) Sécuriser le présent et restructurer la dette souveraine de l'Etat (les français
doivent prêter à l'Etat par émission d'obligation « obligatoire »). Il est préférable pour tout le monde que l'Etat emprunte à 3 ou 4% auprès des français qu'à 6% ou plus auprès
des marchés (cad auprès des banques privées ou d'autres Etats)
2) Préparer l'avenir et favoriser la création et le développement des entreprises
innovantes (l'épargne devra être investie dans les fonds propres des entreprises non cotées, par conséquent l'avantage Madelin devra être encore plus renforcé)
|
L'investissement dans les entreprises non cotées peut sembler à priori très risqué, mais les rendements des
sociétés de gestion de fonds de type Private Equity/Venture Capital démontrent clairement le contraire. Le Private Equity (incluant les activités de Venture Capital), bien que risqué comme
tout placement (depuis 2008, nous avons appris qu'il n'existera plus jamais aucun placement "sans risque" !), rémunère très bien ses
investisseurs, bien mieux que les actions cotées et les titres obligataires du marché boursier. Mais pour bénéficier de son retour sur investissement, l'investisseur doit accepter d'une part
d'être patient (5-10 ans avant retour, et oui le temps de l'économie réelle !), et d'autre part accepter d'enregistrer des pertes à court terme dues aux frais de gestion.
Quelques chiffres sur le capital risque :
- USA continues to be the largest venture capital industry in the world. US VC invested €15 billion vs European VC only €3.7
billion (in 2010)!
- A Venture Capital fund in the European Union contains approximately €60 million, a US counterpart has a fund size of €130
million!
- Early-stage VC investments in the US were on average €2.2 million per company, against an average €400,000 per company in
the EU!
Courte réaction à l'interview du Président
Sarkozy du 29/01/2012 :
J'ai été plutôt satisfait par les mesures qu'il a
annoncé, notamment sur l'immobilier. En revanche, le Président a prononcé qu'une seule fois le mot "innovation", et jamais les mots entrepreneurs, startup, business angels et capital risque ! Là
je suis vraiment déçu.
Il a annoncé la création d'une banque publique de
crédit, filiale d'Oseo, destinée aux besoins des PME. Cette banque sera dotée d'1 milliard d'euro en fonds propres (ou plus exactement 1 Mrd d'euro de capacité de crédit) !!!
Cette idée d'une banque publique de crédit pour PME est
une mauvaise idée pour la raison développée plus haut dans cet article (crédit/prêt vs prise de participation au capital). Il faut arrêter avec cet interventionnisme étatique incessant ! De plus, il y a pléthore de banques commerciales privées, surtout
qu'elles ont grassement bénéficié des généreux prêts de la BCE à taux quasi-nulle ! Si ces banques privées font du refus de ventes de services à l'économie réelle ... alors oui, l'Etat devrait
intervenir en imposant son autorité, et il n'y aurait pas besoin de créer une banque publique !
En lieu et place de cette banque étatique, il faut favoriser l'engagement direct de l'épargne des français dans l'économie
entrepreneuriale, et favoriser la création et le développement de sociétés de capital risque en France !
Voila une
proposition qui serait audacieuse :
Pourquoi ne pas investir ce milliard d'euro dans 1000
nouvelles sociétés de capital risque (soit 1M d'euro par société de capital risque) ?
Ces nouvelles sociétés de capital risque avec chacune
leur million d'euro, auraient un coup de pouce évident pour convaincre les investisseurs institutionnels d'abonder dans leur fond d'investissement capital risque
En France, nous avons 274 sociétés de
capital-investissement (adhérentes à l'AFIC) dont 99% ont leur siège en région parisienne, et la très grande
majorité de ces sociétés ne font pas du capital risque (elles interviennent sur des opérations de capital développement, transmission et retournement) !
Donc, avec ma proposition, nous aurions dans chaque
région (1000/27 régions), 37
nouvelles sociétés de capital investissement spécialisées en capital risque. Ces sociétés seront fondées par des équipes indépendantes de l'Etat (qui ne sera qu'un investisseur), comme des
entrepreneurs expériementés connaissant l'entreprise, des scientifiques, des ingénieurs, pouvant apporter une véritable valeur-ajoutée par l'accompagnement et le mentoring qu'ils consacreront aux
startups !
Avec une telle mesure, nours serions un des pays leader dans ce secteur ! Pour information, les USA comptent environ 8000
sociétés d'investissement de type "capital risque" (selon la NVCA) !
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